La vie après UniNE

« J’ai toujours été attirée par le fait d’aller voir ailleurs »

Elsa Studer, juriste à Genève

Elsa Studer a obtenu un Master en droit en 2012. Après avoir effectué des stages à New York, à l’ONU et dans une ONG, elle a été engagée par le World Economic Forum (WEF). Elle travaille aujourd’hui à son bureau de Genève.

Vous travaillez depuis 2011 auprès du World Economic Forum… et y êtes entrée par sa porte new-yorkaise. Cela demande quelques explications !

Je suis partie à New York pour le semestre de printemps 2010, dans le cadre de l’échange que l’UniNE a avec l’Université de Columbia. J’étais censée n’y rester que quelques mois. Mais je suis tombée amoureuse de la ville, de l’énergie qu’elle dégage et j’ai eu envie d’approfondir mon expérience sur le continent américain. J’ai donc fini mon semestre et j’ai trouvé un stage à l’ONU. J’y ai travaillé six mois dans le cadre du Département économique et social sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement. Ensuite, j’ai fait un autre stage auprès d’une organisation non gouvernementale, où l’on travaillait sur la mise en œuvre des droits de l’homme dans les pays en voie de développement, en particulier les droits des personnes handicapées. Mon rôle était de contacter les gouvernements, des ONG et des gens du terrain, sur place, pour pouvoir se rendre compte de la mise en place objective de la mise en œuvre, puis de faire une sorte d’index des différentes pratiques.

A l’époque, je m’attelais à mon mémoire de master sur les attaques informatiques – plus précisément, savoir si le cadre juridique international existant permet de régler la question des attaques informatiques ou s’il faut un nouveau droit. J’avais eu des contacts avec le World Economic Forum à travers mes stages. Les gens du Forum m’ont dit qu’ils allaient justement lancer un projet sur les attaques informatiques et que cela pourrait être intéressant pour moi de me pencher sur leur projet, et pour eux d’avoir un regard juridique sur le sujet. Ils m’ont donc engagée d’abord pour un stage de six mois, puis en tant qu’employée, pendant une année à New York. Je m’occupais à 50% de ce projet et contribuais à 50% à la gestion des relations entre le Forum et la politique américaine – sénateurs, membres du Congrès et gouvernement.

Vous avez démarré assez « haut de gamme » !

J’ai eu de la chance : c’était un stage au départ et puis il y a eu la possibilité d’évoluer dans une petite équipe – même si le WEF représente environ 500 employés fixes, dont les deux tiers sont basés à Genève. Il y a des bureaux à New York, Pékin et Tokyo. J’ai rallié le bureau de Genève en 2012.

Aujourd’hui, en quoi consiste concrètement votre travail ?

Je partage toujours mon temps entre les relations internationales du Forum avec des politiciens et la gestion de projets. J’ai terminé le projet sur les risques informatiques et maintenant je travaille sur l’économie circulaire, comment revoir l’utilisation de nos ressources pour avoir un développement plus durable.

Mais vous allez revenir au droit…

Oui. J’ai toujours su que je voulais faire une carrière internationale, mais plutôt en droit international qu’en relations internationales. Il me manque donc encore mon brevet d’avocate, raison pour laquelle je vais commencer mon stage, à Genève.

J’ai toujours été attirée par le fait d’aller voir ailleurs. J’ai beaucoup travaillé les langues : j’ai fait la maturité bilingue et j’avais choisi l’espagnol comme option spécifique. Et puis je me suis rendu compte que c’était important de se connaître soi-même avant de connaître les autres. Je me suis donc dit que le droit me donnerait des connaissances assez solides sur la Suisse, le système juridique, ses valeurs. Tout en sachant que je me spécialiserais assez rapidement. Deux ans après avoir commencé mon bachelor, je suis donc partie une année à Berlin pour étudier le droit international dans le cadre d’un programme Erasmus.

Quels ont été selon vous les points forts de votre formation à Neuchâtel ?

Je garde un excellent souvenir de mes études. C’était une période agréable. On se sentait en confiance, tout en ayant le sentiment de vraiment apprendre quelque chose. Un sentiment assez rare au cours d’une vie, je pense. Et je crois que l’Université de Neuchâtel y est pour beaucoup, grâce à sa taille et la facilité des contacts que celle-ci permet, grâce à la qualité des cours, avec des profs très pointus, l’équilibre efficace entre pratique et théorie, les échanges. J’ai eu tellement de chance de pouvoir partir à Berlin, puis à New York !

Lorsqu’on arrive de Neuchâtel à la Freie Universität Berlin ou à Columbia, se sent-on bien préparée ?

Oui, aussi bien en termes de contenu qu’en ce qui concerne la capacité d’apprendre. A Neuchâtel, on nous donne beaucoup d’outils pour apprendre, pour assimiler. Le niveau était tout à fait équivalent.

Votre premier choc en arrivant à l’Université de Columbia ?

La méthode d’enseignement. On a deux heures de cours… puis 400 pages à lire pour la semaine suivante, et on se fait interroger. C’est – quantitativement – plus poussé ! Le deuxième choc, cela a été la perception du système américain, tellement élitiste. Les gens ont dû se battre pour être là et une fois qu’ils y sont, il s’agit de ne pas perdre une minute, de travailler à fond, presque à l’extrême. Un sentiment assez différent de ce qu’on ressent en Suisse.

Neuchâtel, Berlin, New York, Genève… Où et comment voyez-vous votre avenir ?

Je vise le droit international… tout en espérant garder une dimension pratique dans mon travail. Ce sera peut-être pour le gouvernement suisse, l’ONU ou une autre organisation internationale.

Dans la pratique de votre travail, que retenez-vous finalement de vos études ?

Cela m’arrive assez souvent de penser à l’Université de Neuchâtel, en particulier lorsque je dois parler en réunion. Au début, j’avais de la peine à prendre la parole. Alors je me remémore tous ces examens oraux que j’ai passés, avec ces profs qui savaient tellement de choses et étaient importants, et… cela me redonne de la confiance en moi ! Ce sont des moments auxquels je me réfère pour me donner du courage quand je dois me lancer !

Quel conseils auriez-vous à donner à un futur étudiant ?

Trois choses… La première, c’est de faire ce qu’il ou ce qu’elle aime. Il y a toujours possibilité d’ajuster son choix en cours de route en fonction de ce qui nous intéresse ou nous passionne. Deuxièmement, voyager : c’est une chance en matière d’études, mais au niveau personnel surtout. Et troisièmement, faire des expériences pratiques, des stages. Et il y a beaucoup de possibilités, que ce soit avec la Confédération, des organisations internationales, des ONG… Cela demande un peu de recherche, mais cela en vaut la peine !

Interview UniNE 2013

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