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La structuration du discours dans l'interaction en langue première et seconde

Introduction

Le groupe de recherche sur les compétences d'organisation du discours dans l'interaction (CODI) a pour objectif de mettre à jour les dites compétences en procédant à l'analyse empirique de corpus recueillis dans des classes de français langue première et langue seconde. Il est constitué des membres du Centre de Linguistique Appliquée (CLA) de l'Université de Neuchâtel, de l'Institut de Recherche et Documentation Pédagogique (IRDP) et du département de linguistique française de l'Université de Bâle.

Le groupe de recherche sur les CODI a mené de janvier 2006 à décembre 2008 un projet de recherche FNS intitulé "L'organisation du discours dans l'interaction en langue première et seconde: acquisition, enseignement, évaluation" (FNS 405640-108663/1), qui s'inscrit dans le cadre du PNR56 "Diversité des langues et compétences linguistiques en Suisse". L'objectif de ce projet a été de mieux comprendre la nature, les conditions d'acquisition et les critères d'évaluation des CODI chez les apprenants du français langue première (L1) et langue seconde (L2).

Présentation du projet

Souvent regroupées sous le terme de "littéracie" dans les études s'intéressant spécifiquement à la production monologale voire écrite, les compétences d'organisation du discours offrent un effet de loupe sur les phénomènes d'acquisition langagière, dans la mesure où (a) elles sous-tendent toute activité de discours, et (b) elles mobilisent les composantes centrales de la compétence de communication (composante linguistique, discursive, interactive, socio-culturelle). Ainsi, argumenter face à autrui, défendre son point de vue, négocier et résoudre un problème de manière efficace, construire collectivement des connaissances, etc. présuppose justement de bien maîtriser l'organisation du discours - organisation qui repose tant sur la disponibilité de structures linguistiques appropriées (usage d' "organisateurs", reformulation, etc.) que sur leur adéquation aux caractéristiques situationnelles, aux rapports interlocutifs et aux dynamiques de l'interaction.

Or, le fait est que les compétences d'organisation du discours restent radicalement sous-explorées - notamment au niveau des pratiques orales, et surtout interactives - et cela tant en langue première qu'en langue seconde. Nous nous trouvons en effet confrontés à un manque notable de recherches sur l'organisation du discours dans l'interaction d'apprenants, tout en constatant que cette organisation s'avère - au niveau des données narratives et descriptives qui ont jusqu'ici été étudiées - un palier particulièrement résistant à l'apprentissage. De plus, les débats menés actuellement aux niveaux national et international sur les standards de compétences et les critères d'évaluation montrent que les compétences discursives, et notamment celles concernant la communication orale, constituent également un palier particulièrement résistant à l'enseignement, voire à l'évaluation: les conditions d'acquisition et les critères d'évaluation relatifs aux compétences d'organisation du discours dans l'interaction restent à ce jour largement dans l'ombre; ils sont peu explorés et de façon dispersée dans les différentes disciplines. Et les compétences acquises par les élèves à différents moments de la scolarité obligatoire et post-obligatoire sont peu connues.

Notre projet vise un triple objectif:

  1. l'état des compétences: identifier la maîtrise des compétences d'organisation du discours dans l'interaction ainsi que les "zones de résistance" y relatives chez des apprenants scolaires à deux moments de leur scolarité (secondaire I et II);
  2. les conditions d'acquisition: identifier les pratiques en classe qui sont particulièrement aptes à favoriser le développement de ces compétences;
  3. les pratiques d'évaluation: identifier les activités et critères permettant l'évaluation de ces compétences.

Par ces trois axes d'investigation, ce projet permet de répondre à des préoccupations centrales pour l'enseignement des langues et la recherche acquisitionniste. D'une part, il apporte des éléments pertinents à la discussion actuelle sur la définition des critères et des standards d'évaluation, notamment de l'oral (p. ex. le projet HARMOS). D'autre part, il propose des mesures d'optimisation des pratiques scolaires dans le cadre de l'enseignement / apprentissage des langues - et cela en tenant compte des spécificités et des convergences possibles dans l'enseignement des L1 et des L2. Enfin, sur le plan de la recherche fondamentale, l'axe 1 notamment permet de mieux comprendre les principes qui régissent l'organisation du discours en L1 et en L2 chez l'apprenant avancé et moins avancé, contribuant ainsi à éclairer un domaine fortement débattu dans la littérature, mais peu connu au niveau de l'interaction.