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Question jurassienne

Question jurassienne et idéologies langagières: langue et construction identitaire dans les revendications autonomistes des minorités francophones (1959-1978)

Malgré l'abondance des études consacrées à la Question jurassienne, plusieurs raisons incitent à se pencher une nouvelle fois sur cette période mouvementée de l'histoire suisse. D'une part, de nouvelles sources sont à présent disponibles pour le chercheur (Fonds Roland Béguelin aux Archives cantonales jurassiennes, ouverture dans quelques mois des archives de la Constituante jurassienne). D'autre part, de nombreux aspects méritent d'être soulevés, notamment concernant les relations entre langue, autonomisme et identité. Ces trois points seront au centre de cette étude. Nous voulons, pour la première fois, considérer la Question jurassienne à travers le prisme des enjeux et des idéologies langagières. Nous partons de l'hypothèse, dans un premier temps, que le discours sur la langue a participé, dans les années fortes du combat pour la création d'un canton du Jura (les années soixante et septante), à forger une identité jurassienne. Cependant, les idéologies langagières véhiculées par le Rassemblement jurassien n'ont certainement rien de novateur (génie de la langue française, unilinguisme, refus du bilinguisme, purisme, etc.) et surtout, elles sont partagées par de nombreux mouvements indépendantistes francophones. Cette intertextualité des discours sur la langue nous poussera donc, dans un deuxième temps, à nous pencher sur les liens personnels et institutionnels qui unissent les différents mouvements minoritaires francophones (Québec, Wallonie, Vallée d'Aoste) dans les années 1960 et 1970 où l'on assiste à la création du mouvement de la "Francophonie", autour de notions comme celle de "communauté de culture" entre locuteurs d'une même langue. A cet effet, nous nous intéresserons aux institutions non-gouvernementales qui ont joué un rôle-clé dans la construction du réseau entre les différents mouvements autonomistes (Conférence des minorités ethniques de langue française, Défense de la langue française, etc.).

Equipe de projet

Direction
Claude Hauser (Fribourg)
Andres Kristol (Neuchâtel)
 
Collaborateur
 
Consultants
Alexandre Duchêne (Bâle)
Marinette Matthey (Grenoble III)

Financement

Ce projet de sociolinguistique historique est financé depuis le 1er octobre 2007 par le Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique.