Fermer
ISLC5.gif

Étymologie et lexicographie historique du francoprovençal

La majeure partie de la Suisse romande, les territoires français entre Est et Sud-Est (y compris Lyon et Grenoble) ainsi que la Vallée d’Aoste en Italie sont les régions où l'on employait autrefois la langue que les linguistes nomment francoprovençal. Le projet vise à combler les lacunes scientifiques en matière d'histoire de cette langue et de son étymologie, insuffisament décrites à l'heure actuelle, par l'élaboration du Dictionnaire de l'ancien francoprovençal (E. Berchtold) et du Dictionnaire étymologique du francoprovençal (L. Grüner).

La disparition progressive du francoprovençal au profit du français a été observée dès la fin du 19e siècle, et les linguistes ont pratiqué, sous la forme d’enquêtes, l'enregistrement d’une grande partie des parlers francoprovençaux qui leurs étaient contemporains. Cependant, la profondeur historique du francoprovençal, accessible par des sources écrites anciennes, n’a pas encore bénéficié d’une attention scientifique suffisante.

Le projet en cours permettra des progrès dans deux directions : une meilleure connaissance du francoprovençal de l'époque médiévale, et une meilleure prise en compte du francoprovençal dans la recherche étymologique contemporaine portant sur des langues galloromanes et romanes. Ces progrès de nos connaissances permettront de mieux comprendre la place de cette langue dans les rapports de force entre les variétés romanes, tout au long de leur histoire, et de comprendre comment cet espace linguistique s'est démarqué de ses voisins.

 Financé par le Fonds national suisse de la recherche scientifique, le projet est réalisé dans le cadre d’un accord de formation des doctorants entre deux institutions lexicographiques : le Glossaire des patois de la Suisse romande (GPSR), financé par l’Académie suisse des sciences humaines et les cantons romands, à Neuchâtel, et le Französisches Etymologisches Wörterbuch (FEW), financé principalement par le Centre national français de la recherche scientifique, à Nancy. Les doctorantes sont intégrées à la rédaction du FEW ; elles bénéficient des compétences de ce dictionnaire et de l’expérience du laboratoire ATILF (Analyse et traitement informatique de la langue française) du CNRS pour la réalisation de leurs thèses.