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SMS4science

sms4science: Un projet relatif à la communication par SMS

L’objectif du projet sms4science est de contribuer à l’étude de la communication par SMS et de décrire les procédés linguistiques spécifiques qu’elle met en oeuvre. Dans cette visée, il est indispensable d'interroger une banque de données réunissant un grand nombre de textos. Les utilisateurs et utilisatrices de téléphones mobiles ont été invités à transmettre, à un numéro gratuit, une copie de chaque SMS qu’ils envoyaient et à remplir un questionnaire anonyme sur Internet. Les données ainsi rassemblées ont ensuite été intégrées au corpus en vue d’une étude scientifique approfondie. En remplissant le questionnaire, les participants ont consenti à l’utilisation de leurs données dans le cadre du projet. Les questionnaires ont été rendus anonymes ; les réponses ont été enregistrées dans une banque de données qui est à présent exploitée par plusieurs universités. Elle servira de support tant à l’enseignement qu’à la recherche.

La recherche scientifique sur la communication par SMS

De nombreux domaines d'étude scientifique (p.ex. linguistique, sociologie, science de la communication et psychologie) ont cherché à analyser ce type de communication (pour une vue d'ensemble v. Thurlow/Poff 2013). Les études du domaine (socio-)linguistique ont d'abord dirigé leur attention sur l'émergence d'une culture de jeunes mobiles (v. Dürscheid 2002, Baron 2008) ainsi que sur les particularités graphiques et les implications sociales et pragmatiques de l'écriture SMS (v. Thurlow 2003, Androutsopoulos 2007, Anis 2007). Ces études ont analysé des aspects tels que la déviance orthographique, l'organisation des mécanismes des tours de parole et des formules d'adresses. Plus récemment,  certains chercheurs ont élargi l'étude de la communication SMS au contact des langues. (v. Ledegen/Richard sur le contact entre français et créole à La Réunion; Deumert/Simbabalwe 2008 sur celui entre l'anglais et l'isiXhosa en Afrique du Sud).

Des linguistes de l'école cognitive ont mis l'accent de leur recherche sur la décomposition analytique de textos (v. Smith 2010) et sur les compétences de lecture (v. Plester et al 2009). Dans le domaine de la linguistique variationnelle, les SMS sont d'un intérêt tout particulier pour la recherche sur l'opposition entre le code écrit et oral.  Des études plus spécifiquement linguistiques sur la communication par SMS ont beaucoup discuté la variation graphique et les innovations lexicales, ce notamment par rapport à d'autres modes de communication et à l'utilisation standard de la langue (v. Anis 2004, Liénard 2005, Cougnon 2008 pour le français, Bieswanger 2007 pour l'anglais et l'allemand; par ailleurs Almela Pérez 2001 sur des  schémas de formation lexicale préférés dans des SMS espagnol ou Brewer/Dilger 2004 sur les néologismes dans des messages anglais.

La recherche sur les SMS en Suisse

Avant le lancement de sms4science.ch, relativement peu d'études on été réalisées sur des SMS suisses (allemands) (p.ex. Spycher 2004 et Braun 2006). Comme le dialecte est la variété normalement utilisée dans les conversations de tous les jours dans les parties germanophones, italophones et romanchophones, le pourcentage de textos rédigés en dialecte dans le corpus établi par sms4science.ch est très élevé.

Aucune étude prenant en compte la situation multilingue en Suisse n'a jusqu'ici été réalisée, à l'exception des études entreprises par Adrian Stähli (v. sous-projet B et Stähli 2008, 2009 et sous presse).  Les études sur les particularités morphosyntaxiques de messages SMS sont quasiment inexistantes. C'est la raison pour laquelle nous examinerons plusieurs facettes de la grammaire et de la langue en usage, aussi avec un point de focalisation sur le mélange des langues et des variétés et de la variation (grammaticale) dans notre corpus Suisse de SMS.