La vitrine du passé
muséologie et histoire de l'archéologie
Projet du Fonds National suisse de la recherche scientifique (FNS)
Les musées ne répercutent pas seulement les enseignements de la science à l'attention du public : ils ont toujours joué un rôle actif dans la construction du savoir. Dès le début du 19e siècle, les exigences pratiques de la muséographie ont en effet entraîné la mise en oeuvre de procédures et de modes de classement qui se sont avérés décisifs dans l'élaboration des méthodes de la recherche scientifique. C'est sur ce postulat qu'a été lancé le projet de recherche «La vitrine du passé», financé par le Fonds national suisse.
Centré sur l'histoire de l'archéologie préhistorique, mais embrassant également les sciences naturelles (géologie, paléontologie) et l'anthropologie culturelle, le projet s'inscrit dans une histoire sociale et culturelle des sciences. A cet effet, il s'interroge en particulier sur le rôle des institutions, et comprend un large volet de recherches d'archives auprès de laboratoires et d'institutions muséales, principalement en Suisse, en France et en Allemagne.
Epistémologie de la préhistoire. L'épistémologie de l'archéologie déborde clairement ses applications disciplinaires actuelles. L'analyse historique et transversale de la constitution des méthodes archéologiques doit donc nourrir la réflexion sur le potentiel heuristique de l'archéologie, à la croisée des sciences de la nature et des sciences de l'homme.
Réflexions muséologiques. Face aux exigences coûteuses de la gestion des collections, les musées sont appelés à remettre constamment en question la légitimité de la conservation d'artefacts qui ne répondent plus aux besoins, ni de la recherche contemporaine, ni de la médiation culturelle. Une meilleure connaissance du rôle des collections anciennes dans l'histoire disciplinaire doit aider à réaffirmer leur valeur scientifique et patrimoniale.
Dirigé par Marc-Antoine Kaeser, directeur du Laténium et professeur associé à la chaire de préhistoire de l'Université de Neuchâtel, le projet intègre les recherches de :
Serge Reubi (post-doc) : « Stratégies d'acquisition et pratiques de collection de l'ethnographie suisse (1880-1930) »
Géraldine Delley (doctorante) : « Dendrochronologie et radiocarbone entre Allemagne, Suisse et France dans la pratique de la préhistoire (Néolithique, âges des métaux) » (lien)
Des travaux de licence et de bachelor, achevés, sont étroitement associés au projet :
Camille Fallet : La correspondance de Victor Gross (1845-1920), témoin de ses pratiques de collection et de son insertion dans la recherche archéologique.
Philippe Marti : Le mobilier du site de La Tène : Pratiques de collection, de 1857 à 1940.

