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Gianenrico Bernasconi

Directeur de recherche en histoire des techniques (XVIIIe-XXe siècle)

Nous sommes entourés d’objets. Qu’est-ce qu’ils disent de nous ? Ils racontent des histoires, ils construisent des identités, ils incorporent des savoirs et de la valeur, ils invitent à des gestes, ils contribuent à transformer le monde et à le représenter. Ils évoquent un réseau de relations entre les individus qui les projettent, les fabriquent, les vendent et les consomment. Depuis quelques années, l’analyse historique de l’objet comme document matériel a permis de renouveler les problématiques dans plusieurs disciplines, de l’histoire des techniques et des sciences à l’histoire de l’art et à la philologie. Mes propres recherches portent sur l’objet saisi à travers la relation entre technique et consommation, entre matérialité et usages. Il s’agit par exemple du rôle de menus objets de poche (des lorgnettes, des éventails, etc.) dans la transformation des modes d’interaction sociale à la fin du XVIIIe siècle, ou du livre comme forme matérielle et symbolique permettant la mise en ordre de collections d’histoire naturelle. 

La définition d’un dispositif et d’une méthodologie de recherche sur l’objet requiert la mobilisation d’un réseau de savoirs combinant les compétences spécifiques des chercheurs et celles des curateurs. Le poste de directeur de recherche est appelé à mettre en oeuvre une collaboration de ce type, que concrétise le partenariat unissant l’Institut d’histoire de l’Université de Neuchâtel et le Musée international d’horlogerie de La Chaux-de-Fonds. Il s’agira de mener des enquêtes sur les techniques et la culture du temps en valorisant les collections et les archives de ce musée et d’autres institutions régionales, nationales et internationales.

Notice biographique

J’ai étudié l’histoire moderne à l’Université de Genève et à l’Université Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). En 2009, j’ai soutenu une thèse de doctorat en histoire et en Kulturwissenschaft intitulée L’objet portatif: production, consommation et représentations à l’ère préindustrielle menée en cotutelle entre l’Université Paris 1 et l’Hermann von Helmholtz-Zentrum für Kulturtechnik de l’Humboldt Universität zu Berlin. Assistant curateur au Museum Europäischer Kulturen/Staatliche Museen zu Berlin entre 2009 et 2011, j’enseigne depuis 2011 la muséologie dans le cadre du Bachelor en architecture intérieur de la SUPSI à Canobbio (Tessin). Entre 2012 et 2014 j’ai été post-doctorant à l’Université de Zürich (Institut für Sozialanthropologie und Empirische Kulturwissenschaft). J’ai été visiting Scholar au Max Planck Institut für Wissenschaftsgeschichte de Berlin (2005) et je collabore actuellement au projet de recherche “Vom Amulett zur Laptoptasche: Objekte in Buchform”, au sein du Nachwuchsforschergruppe “Vormoderne Objekte. Eine Archäologie der Erfahrung”(Dr. Philippe Cordez) de la Ludwig-Maximilians-Universität München.

Bibliographie sélective

  • G. Bernasconi, Thomas Hengartner, Stefan Nellen (Hg.), Das Büros. Zur Rationalisierung des Interieurs (1880-1960), Bielefeld, Transcript, (à paraître).
  • G. Bernasconi, « Transposition des formes matérielles et analogie : le cas des collections de bois en forme de livre au XVIIIe siècle », in : S. Archambault de Beaune, L. Hilaire-Pérez, K. Vermeir (éd.), Analogie et techniques, Paris, CNRS éditions, (à paraître).
  • G. Bernasconi, Objets portatifs au Siècle des lumières, Paris, CTHS, 2015.
  • G. Bernasconi, „The tent-room: sedentism of an ephemeral architecture at the beginning of the 19th century (materiality, politics and travel culture)”, in: M. Szelely (ed.), Ephemeral Architecture in Central-Eastern Europe in the 19th and 20th Centuries, Paris, L’Harmattan, 2015, p. 19-32.
  • G. Bernasconi, «Tabatières, éventails et lorgnettes : consommation et « techniques du social » au XVIIIe siècle », in : Artefact. Techniques, histoire et sciences humaines, 1, 2013, p. 153-166.
  • G. Bernasconi, « Der „Collage-Paravent“. Ein Bildverfahren zwischen Konsum und Dekoration », in: Zeitschrift für Kunstgeschichte, 2012, 3, p. 373-390.
  • G. Bernasconi, « L’objet portatif : matérialité et usages », in: V. Milliot, P. Minard, M. Porret (dir.), La grande chevauchée. Faire de l'histoire avec Daniel Roche, Genève, Droz, 2011, p. 165-180.
  • G. Bernasconi, «Authentizität und Reproduzierbarkeit: Naturselbstdrucke auf amerikanische Geldscheine des 18. Jahrhunderts», in: H. Bredekamp, M. Bruhn, G. Werner (Hg.): Bildwelten des Wissens. Kunsthistorisches Jahrbuch für Bildkritik, Band 8,1 (2010): Kontaktbilder, p. 72-82.
  • G. Bernasconi, «The nature self-print», in : G. Bernasconi, A. Märker, S. Pickert (ed.), Objects in transition, (catalogue de l’exposition organisée au Max-Planck Institut für Wissenschaftsgeschichte, August 2007), Berlin, 2007, p. 24-33.
  • G. Bernasconi, «Le traitement judiciaire de la jeunesse délinquante à Genève de 1738 à 1792”, in : Crime, Histoire & Sociétés, 2006, vol. 10, n°1, p. 5-23.
     

Contact

Espace Louis Agassiz 1
CH-2000 Neuchâtel
Bureau B1.N.07
+41 32 718 16 97
gianenrico.bernasconi@unine.ch
 

Distinctions

  • Lauréat du Hermann Diederiks Prize pour l’article « Le traitement judiciaire de la jeunesse délinquante à Genève de 1738 à 1792 » (2005)
  • Lauréat du Concours de thèses du Comité des travaux historiques et scientifiques (2010)