Fermer
_flsh_histoire_choix.jpg

Le Master en histoire comparée

Une approche théorique et pratique

Le Master en histoire comparée de l'Université de Neuchâtel repose sur une approche théorique et empirique des problématiques de l'histoire et des disciplines historiques proches. Cette dualité fonde l'originalité et la cohérence de cette formation, pensée par une équipe d'enseignants-chercheurs persuadés de la nécessité de la coexistence équilibrée, dans l'apprentissage de l'histoire et du métier d'historien, des aspects théoriques fondamentaux et des aspects pratiques de la discipline.

L'approche théorique (historiographie ou « histoire de l'histoire », épistémologie ou analyse critique du statut scientifique de l'histoire, philosophie de l'histoire) vise à susciter une réflexion critique sur l'histoire en tant que mode de connaissance. L'approche pratique propose une étude approfondie des principaux instruments intellectuels dont disposent les historiens ainsi que l'analyse de quelques-unes des techniques qui sont les leurs. Cette seconde optique est prolongée par des applications, sous forme de travaux de recherche (séminaires), ainsi que par le mémoire de master, dont l'élaboration devrait se faire dans une pleine conscience des particularités du métier d'historien. Un stage dans une « entreprise culturelle » (archives, musées, etc.) peut être proposé dans le cadre du cursus.

Pour une histoire comparée

Le comparatisme n’est pas une idée neuve en histoire. Nombre des plus grands travaux historiques du XXe siècle s’inscrivent explicitement dans son projet théorique et il suffit peut-être de mentionner les monuments que sont Les Rois thaumaturges de Marc Bloch, La Méditerranée de Fernand Braudel, Les Primitifs de la révolte ou L’âge des extrêmes d’Eric Hobsbawm pour en mesurer la fertilité.

Mais en quelques décennies, les enjeux et les objectifs du comparatisme ont été bouleversés : par le rejet d’une écriture ethnocentrique et occidentale de l’histoire ; par l’irruption des colonial, post-colonial et subaltern studies et avec elle par l’émergence d’autres points de vue, d’autres perspectives ; par la mondialisation et donc par la prise de conscience que les parties du monde sont interdépendantes (en matière de climat, d’économie ou de santé par exemple) et qu’elles l’ont été depuis longtemps grâce au commerce, aux voyages, aux arts, etc.

Le Master en histoire comparée de l’Université de Neuchâtel entend prendre la mesure de ce changement. Il veut préparer ceux qui en suivront les enseignements à comprendre les nouvelles manières d’écrire ou de faire de l’histoire, à se familiariser avec les nouvelles approches, à découvrir les nouveaux objets et les nouvelles thématiques que se donnent aujourd’hui les historiens en comparant les périodes (de l’Antiquité à l’histoire du temps présent), les sociétés (y compris non européennes), les méthodes (histoire culturelle, histoire des entreprises, anthropologie historique, archéologie…). Il propose pour cela des enseignements par période et des formations méthodologiques spécifiques (en 2012-2013 par exemple un cours sur les post-colonial studies et un autre sur les rapports entre archéologie et histoire), ainsi qu’un partenariat avec l’Université de Lucerne sous la forme d’un programme de master bilingue.

Le cœur du programme du Master en histoire comparée est toutefois le cours transversal, lieu de rencontre, d’échange et d’enseignement commun à tous les enseignants de l’Institut d’histoire qui viennent y présenter les travaux les plus neufs en matière d’histoire comparée (en 2012-2013 ont ainsi été retenus les thèmes « Le corps dans l’histoire » à l’automne et « Histoires et images » au printemps). Afin de renforcer l’approche comparative, le cours transversal accueille régulièrement des invités issus d’autres universités et venus de divers horizons disciplinaires : historiens de l’art, archéologues, sinologues, géographes, anthropologues, médecins et historiens de la médecine…

Le Master en histoire comparée entend par là former non seulement les historiens de demain, mais aussi donner aux étudiants des outils indispensables pour la compréhension d’un monde où la capacité à élargir son champ de vision de manière critique est devenue un atout majeur.